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Ecrire, hurler sans bruit
En plein bouchon autoroutier, alors que mes essuie-glaces bataillent avec une timide giboulée (forcément de mars) et que ma radio régurgite les fractures du monde, j’entends Alice on the Roof dire, dans sa dernière chanson, que pour se sentir mieux, elle met un peu de sucre sur la douleur –une proposition plutôt séduisante à 15 jours d’une invasion de chocolat… pour cause d’œufs de Pâques, avec, en passant, une bascule à l’heure d’été. En tout cas, cette fois, ça y est, on es
Marie-Anne Lorgé
il y a 1 jour


Histoires partagées
Alors que j’observais les premiers émois du magnolia de mon voisin, j’ai capté cette phrase amère: «Pendant que la planète s’embrase partout, le quidam se met la tête dans le sable», entendez par là qu’il se borne à parader en cortèges carnavalesques – toujours nombreux un peu partout, tout comme les grands bûchers censés chasser l’hiver. Eh quoi? C’est tout de même faire injure à la liesse populaire que le folklore peut générer. Certes, j’avoue craindre les bains de confett
Marie-Anne Lorgé
11 mars


Portrait de mars
L’hiver sur le bûcher: de grands feux se sont embrasés et s’embrasent encore, ci et là. Et ça marche. Ça sent le printemps… qui niche en mars, et on y est. Les jonquilles sauvages transforment nos sous-bois et jardins en petits poèmes jaunes. Des chatons cotonneux, duveteux, ourlent les saules et autres buissons. Des sucreries se glissent dans le vinaigre des voix , des chansons se hasardent aussi gaies que des sous que l’on remue … Parce que, oui, l’art fait partie des rési
Marie-Anne Lorgé
3 mars


Juste ralentir
Avec son gris têtu, février a l’allure d’un ciel inconsolable – une eau de là-haut où les nuits sont si longues, mais où le temps n’oublie rien (à toi, ma soeur, mon âme sœur, quelque part dans l’eau de l’au-delà…). Le gris est donc têtu. Mais dans ce ciel si bas –- à tel point, selon Brel, qu’un canal s’y perd –, en quelques clochettes blanches muettes, les perce-neige font de la résistance. Et elles ne sont pas les seules, puisque ce qui nous change la vie dans ce post, c’
Marie-Anne Lorgé
17 févr.


Entre chien et loup
Elles sont encore passées en escadrons serrés, les grues cendrées, parfois confondues aux oies sauvages, en tout cas, architectes de V graphiques fascinants, signes avant-coureurs du printemps. Ce sont aussi elles qui furent les sentinelles du dernier lever de jour de ma mère, ou de sa première nuit immortelle. Et la fulgurance qui me déchire ce matin – faisant écho aux mots et à la lancinance du romancier poète Antoine Wauters – , c’est qu’ il y a des manques dont on ne gué
Marie-Anne Lorgé
4 févr.


Sous les papiers
Suis revenue sur le lieu. Un lieu-dit… devenu une maison, où ont grandi 5 générations d’une famille, de quoi transformer les murs en une mémoire, comme s’il s’agissait d’un personnage, hanté par des non-dits. La maison de famille, c’est la mienne, et j’y suis donc revenue pour l’anniversaire du décès de maman. La question de la maison et des non-dits m’obsèdent, c’est pourquoi je tricote dans ce texte de curieux élastiques entre l’auteur (belge) Antoine Wauters , le réalisate
Marie-Anne Lorgé
27 janv.


Intranquillité
Avant-hier, j’ai entendu les «kroos» d’un premier peloton de grues cendrées… et appris que le mimosa était déjà en fleurs. Une précocité qui suscite un ressenti mitigé, une bouffée d’optimisme mâtinée d’une dose d’inquiétude, dopée par le possible sursaut d’un froid polaire. Tous/toutes, nous sommes ainsi faits, entre deux chaises, comme des héros intranquilles du quotidien. Ah, l’intranquillité ! Un mot que je trouve joli, alors même qu’il colle à la paranoïa du monde co
Marie-Anne Lorgé
18 janv.


Floconneux
Si je vous en parle, de la neige, c’est parce qu’elle risque de disparaître comme elle est venue, et parce que, vivant entre champ et forêt, hormis le cortège des tracteurs, il n’y a que mes traces de pas dans la poudreuse, mes noires empreintes dans ce blanc qui, tout éphémère qu’il soit – et sans doute parce qu’il est précisément éphémère – , offre le spectacle d’un magique coup de gomme, plus rien de boueux, ni de houleux. Une sensation d’éternité, et puis, le silence. Et
Marie-Anne Lorgé
8 janv.


En sept lettres
Matin givré. Un peu de craie, un calcaire fragile à l’allure de meringue, colle aux écorces noires habitées par le silence. Paysage typique hivernal qui te fiche l’envie de te blottir sous des coussins – avec un bouquin, à prise lente, sans doubler la dose, jusqu’à ce qu’il te tombe des mains – ou, vêtu(e) comme un Inuit, de partir à petites foulées au bout de la campagne, dans la forêt, histoire de laper l’air pur… avant que sonne minuit – il se peut d’ailleurs qu’à l’heure
Marie-Anne Lorgé
31 déc. 2025


A l'heure du houx
Ça y est, dimanche, c’est l’hiver, le solstice du même nom débarquant le 21 décembre, à 16.03h, avec la journée la plus courte et la nuit la plus longue de l'année, mais aussi un point de bascule: à partir de cet instant, on commence à gagner des minutes de lumière… Bonne nouvelle, non? Et puis, nous sommes à nuit de Noël - 6. Entre le sapin clignotant et la cuisine où déjà les marmites s’agitent, flotte un temps échappé du quotidien, ça a beau se répéter chaque année, c’est
Marie-Anne Lorgé
19 déc. 2025


Divers … d’hiver
J’ai laissé mon soulier au bord de la fenêtre. Et selon les matins, j’y dépose soit une guimauve soit une mandarine. J’ai décidé que ce serait un rituel à répéter jusqu’au 24 décembre. Comme pour me faire un petit refuge de douceur gourmande, une réserve d’images-souvenirs liées aux gestes de ma mère dans la cuisine, histoire de pouvoir passer le cap de la nuit de Noël, la première… sans elle. Eh oui, quelque chose d’absent me tourmente … (cette phrase de Camille Claudel s’a
Marie-Anne Lorgé
11 déc. 2025


Ce qui nous éclaire
Cette première semaine de l’Avent sent le massepain, cette confiserie à base d’amandes glissée dans le petit soulier de l’enfance … qui accueille Saint-Nicolas. Et de me dire que si l’adulte temps du monde ne fait certes pas de cadeau, ça ne fait pas de mal de se faire du bien. Entre bougie, bouquin lu comme un chocolat chaud, forêt détrempée arpentée comme si une neige s’y préparait, et, entre autres jolies étoiles à suivre, des façons d’artistes de créer des atmosphères aux
Marie-Anne Lorgé
6 déc. 2025


Tissures
Mes hôtes du jour se prénomment Krystyna, Eric, Roma, Mariette et Maria, à qui d’ailleurs j’emprunte Tissur e, un mot ancien qui dit l‘entrecroisement (visuel ci-dessous), ces liens parfois improbables que je tresse par l’écriture… Aussi il y a Charles, Charles Arendt (1825 -1910), premier architecte de l’Etat luxembourgeois et figure majeure du XIXᵉ siècle. L’expo qui lui est consacrée au LUCA (Luxembourg Center for Architecture,1 rue de la Tour Jacob, Grund) nous mène sur
Marie-Anne Lorgé
29 nov. 2025


Frisson et irrévérence
Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c'est pour toujours . Cette citation de l’écrivain et poète français Christian Bobin (1951-2022) m’accompagne à chaque fois que j’entre dans une librairie, et explique que les étagères de ma bibliothèque perso croulent sous le poids des pages dont je lave les sables comme un orpailleur. De livre en livre, Bobin a élaboré une conquête du quotidien uniquement portée sur le soin et le souci de l’autre. C’est aussi lui, qui,
Marie-Anne Lorgé
20 nov. 2025


Circulez, on crée
Le phare de la semaine, c’est le design. En quatre jours d’un festival qui met les petits plats dans les grands pour nous démontrer à quel point le design fait partie de notre culture et de notre économie . Selon le programme (lire ci-dessous), si vous n’avez toujours pas compris que le design luxembourgeois est particulièrement dynamique, c’est que vous le faites exprès. Mais avant… Au large des champs plus très verts et des arbres plutôt roux, pelotonnés dans une écharpe de
Marie-Anne Lorgé
12 nov. 2025


Miroirs de nous
Il paraît que l’«halloween mania» est une catharsis, soit: l’horreur serait salvatrice dans la mesure où y prévaut… la franchise. Autrement dit, selon l’autrice Taous Merakchi, les monstres ne mentent pas – ils sont ce qu’ils sont et on le sait – contrairement au monde réel, expert en confiance trahie, calomnie et bobard inclus. Aussi, pour une fois, le temps d’un soir/une nuit, alors qu’on s’évertue à tout bien ranger, on essaie de se confronter au miroir moche ou tordu de
Marie-Anne Lorgé
3 nov. 2025


Saison rousse
Depuis quelques semaines, c’est le grand voyage des oiseaux, avec un pic migratoire normalement observé mi-octobre, du moins pour les pinçons des arbres, les alouettes des champs, les vanneaux huppés – les hirondelles, elles, ont déjà fait leurs valises en août et septembre –, tout est question de météo et de climat mais aussi d’agenda génétique. Toujours est-il que l’apothéose du phénomène, c’est la sonore chorégraphie des grues cendrées, un spectacle partiellement en cours…
Marie-Anne Lorgé
23 oct. 2025


Lisières
La beauté ne disparaît jamais, c’est à nous de l’apercevoir , c’est l’auteur hongrois Laszlo Krasznahorkai qui l’écrit, un Nobel de littérature 2025 déroutant mais fascinant, qui « réaffirme le pouvoir de l’art au milieu de la terreur apocalyptique ». En face, en mode Petit Prince lunaire passeur de rêves, voilà Félix Radu, comédien et musicien-chanteur – cfr son album Infini + 3 –, un fou littéraire qui, biberonné de Hugo à Brel, répète que « la plus grande force sur Terre
Marie-Anne Lorgé
15 oct. 2025


Chemin de soi
Octobre, semaine 1. Le potiron fait le conte. Eh oui, au risque de vous étonner, Cendrillon ne voyageait pas dans une citrouille, mais...
Marie-Anne Lorgé
8 oct. 2025


De toute nature
C’est octobre, déjà. Le jour émerge de sa couette de brouillard. Les frondaisons s’habillent doucement de leur couleur de feu. Ça vous...
Marie-Anne Lorgé
2 oct. 2025
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