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Grand rêveur

  • Marie-Anne Lorgé
  • il y a 10 minutes
  • 6 min de lecture

Vous m’avez manqué là où les fleurs en papier s’échangent contre des coquillages, une tradition qui se perpétue en bord de mer du Nord (visuel ci-dessous), un jeu pas que d’enfants pour une autre notion de la monnaie et surtout, pour entrer en relation avec les autres… 

 

Le mois d’août s’est donc échappé, et je ne vous ai pas parlé de l’éclipse solaire … qui a remis au goût du jour le tube Total Eclipse of the Heart de la Galloise Bonnie Tyler (qui s’est éteinte le 8 juillet), ni des perséides, cette pluie d’étoiles filantes qui galvanise les doux rêveurs au demeurant, c’est de "Grands Rêveurs" qu’il est question dans ce post , ni…. de The Family of Man, emblématique expo conçue par Edward Steichen accueillie au Japon (à l’initiative du CNA) à l’occasion du 150e anniversaire de l’entreprise Nikkei qui a joué un rôle déterminant dans la découverte, par le public japonais, de cette collection photographique humaniste innervée de thèmes universels, lors de sa tournée historique à partir de 1955.


Ce qui ne n’empêche pas de vous signaler qu’en ce moment, à Venise, la Casa Sanlorenzo est l’écrin d’accueil, jusqu’au 30 septembre, de Fiat Lux, l’expo initiée par DMDM (De Mains De Maîtres Luxembourg) dans le cadre de Homo Faber in Città fédérant 60 œuvres de 27 artistes et artisans d’art (dont Doris Becker, Pitt Brandenburger, Claude Gérard, Megha Goenka, Tom Flick, Anne-Marie Herckes, Florence Hoffmann, Carine Mertes, Tine Krumhorn, Letizia Romanini, Pascale Seil…) choisis pour revendiquer le geste comme acte de résistance, et rendre visible le temps singulier dudit geste, aussi explorer le lien entre cycles de la nature, émotions humaines et lumière, celle de l’éveil, de la transformation, du désir et des retrouvailles j’y serai,  je vous raconterai…


Je me suis donc accordée une pause… parce que la chaleur était accablante, même mon ordinateur refusait de s’allumer!, et parce que le monde m’avait lassée de ses urticaires… et c’est là, au milieu des incendies, que le Jolene de la regrettée Dolly Parton a embrasé notre vulnérabilité, notre peur de perdre l’autre…


Pour autant, désormais, ça sent le cartable et la boîte à tartines, accessoires émotionnels des cours de récré que l’imaginaire collectif associe souvent au retour de l’automne avec ses feuilles rousses d’avoir trop bu le soleil. Du coup, j’ouvre mon nouveau cahier… alors que l’heure de la rentrée littéraire (une spécialité française!) a déjà sonné, avec ses 461 romans annoncés, des histoires de famille, et d’autres qui embrassent une planète qui brûle. Des coups de colère, mais aussi des messages d’espoir, des univers nouveaux qu’on bâtit, des mondes anciens qui resurgissent…


Mon nouveau cahier est une tentative aussi absurde que magnifique de mettre des mots sur des sensations qui, par essence, échappent aux mots.

Sur des sensations, mais aussi sur des créateurs, sur des personnes qui raccommodent notre humanité et Martin Lecoutère est de celles-là.



Avant de vous parler de ma rencontre avec Martin, "Grand Rêveur", trois parenthèses de cœur.

 

Ainsi, le Festival GEM s'installe à neimënster pour réunir des pépites scéniques à la fois drôles, intimes, poétiques et engagées, du 9 au 12 septembre. Et tout commence (le 09/09 à 19.00h) avec Nous étions la forêt (visuel ci-dessus) texte et mise en scène d’Agathe Charnet ,  une fresque qui interroge nos rapports à l’écologie, à l’humanité et aux relations humaines. En fait, Nous étions la forêt, par la Cie La Vie Grande, est une proposition inclassable, portée par six comédien·nes chanteur·ses et prévue en plein air. Ni comédie musicale ni fiction théâtrale, mais une forme étrange et étonnante qui va au contact du public en mixant les références, du répertoire de l’opéra au rap en passant par les chansons populaires. Entre dissensions politiques, crises sociales et symboles mythologiques, la forêt devient le théâtre d’une fable contemporaine pleine de vie, de rires, de tristesses et de chansons. De nouvelles solidarités naissent, des amours se tissent et la résistance s’organise…  


Et puis, notez que Véronique Kolber, fraîchement élue lauréate du «Prix public» du Prix de la photographie à Clervaux, Cité de l’image où, du reste, Sébastien Cuvelier a, lui décroché, le Prix de la photographie 2026 , Véronique Kolber, dis-je, expose en solo Deceptively Quiet à Dudelange, au Centre d’art Dominique Lang, dès le 12 septembre (vernissage le 12/09 à 11.30h) et que ce même jour-là, le 12/09, de 11.00 à 20.30h, Canopée Produktion asbl renouvelle son opération «Rendez-vous au jardin», 4 rue Vauban, au coeur du Pfaffenthal.   


Au programme de ce festival singulier musique, théâtre (une création autour des légendes du Luxembourg), ateliers créatifs, pratiques participatives, biodiversité et rencontres inattendues –, un invité exceptionnel, Bébel, figure internationale de la cartomagie, en escale à Luxembourg avant son passage au Magic Castle de Los Angeles spectacle (tout public à partir de 9 ans) dans le jardin de Canopée à 14.00h le 12/09, et le 13/09, de 10.00 à 16.00h, au Sang a Klang, une masterclass en petit comité volontairement limitée à 10 participants destinée aux magiciens et passionnés. Contact: Tessy Fritz 4, tél.: (+352) 691.860.185, mail: contact@canopee-asbl.com, infos: www.canopee-asbl.com 


Enfin, autre lieu magique, le site de Montauban-Buzenol, en Gaume, là où le CACLB (Centre d’art contemporain du Luxembourg belge), avec ses containers maritimes vitrés discrètement semés dans la forêt, accueille ADRET, une expo qui éclaire les paysages autant qu’elle nous expose à eux et propose un déplacement: regarder autrement ce qui nous entoure, et mesurer la profondeur de liens, fragiles, essentiels, qui nous unissent à la terre. Avec les artistes Jérôme Bouchard, Frédéric Fourdinier et Emilia Stéfani-Law. ça commence aujourd’hui, ce 05/09 (à 16.00h) et ça ne se rate sous aucun prétexte jusqu’au 18 octobre. J’y cours et partagerai au plus vite…


Voilà, on y est à l’heure de la rencontre. Une rencontre essentielle… avec une association dont le nom seul vous réconcilie avec l’utopie éveillée, à savoir: «Les Grands Rêveurs»… perfusés par une vision de l’humanité plein de vulnérabilité, de partage et, osons le dire, d’amour.

 


Il s’en défend mais Martin Lecoutère, spontanément vissé à l’envie d’aller à la rencontre de l’autre, est  l’action citoyenne personnifiée, il est l’incarnation du lien qui innerve «Les Grands Rêveurs», toujours à fédérer, à réunir, à repartir chaque fois chargé de ce que les gens ont déposé en lui, à encourager chacun «à faire sa part» – en droite ligne de la fabuleuse théorie du colibri de Pierre Rhabi – pour enclencher de façon circulaire la transition sociétale et écologique.


C’est clair, dans la marge du monde comme il boîte, «Les Grands Rêveurs» font acte de résistance. Et d’où ça vient? D’une idée portée par frEsch,  asbl basée à Esch-sur-Alzette, créée en 2020 pour mettre en œuvre la stratégie culturelle de la ville en vue du label Esch Capitale européenne de la culture  2022 et perpétuer son héritage.


Dans ladite stratégie, la belle idée fut de nommer des ambassadeurs, ces personnes chargées de faire découvrir la région, de faire cohabiter en identifiant les besoins et favorisant les échanges avec les habitants des quartiers, en faisant naître du créatif et du participatif.


De ce vivier d’ambassadeurs a donc germé «Les Grands Rêveurs» une appellation qui remonte en fait à 2018, lors d’une première version de la Nuit de la culture embarquant, avec le thème du rêve, une trentaine de bénévoles baptisés du coup «Grands Rêveurs».


CQFD, «Les Grands Rêveurs» désigne ainsi cette communauté active de bénévoles impliquée dans la vie culturelle de la ville d’Esch/Alzette, dont coup de pouce à la co-création et à l’animation de cet événement phare de la commune qu’est la Nuit de la culture, aussi à l’organisation des Francofolies d’Esch. Sauf que c’est trop vite dit.


Sauf qu’en 2019, Martin Lecoutère, avec sa double casquette en génie civil et écologie culturelle Martin qui a toujours vécu en coloc’, qui a beaucoup voyagé (dont en Iran, «ça te donne espoir dans l’humanité»), qui a rejoint le CELL (Citizens for ecological learning and living), qui a créé de nombreuses associations afin (avec Sushi) «d’insuffler de la culture à une ville qui n’en a pas envie», afin surtout «de donner un espace à ceux qui n’en ont pas» et qui (entre autres engagements dans la transition, la musique…) a organisé des expos avec des collectifs, cfr Voyage en hauts inconnus à la Villa Mousset  Martin, donc, rallie la communauté.


Et Martin le «Grand Rêveur» de larguer les amarres du solidaire, de la durabilité, du recyclage, du collaboratif, du potentiel artistique et humain. Et aujourd’hui, voici Martin Lecoutère promu malgré lui capitaine d’une bande de rêveurs (au mois 200 !) aussi doux que festoyeurs et unanimement mobilisés, redoutablement efficaces quant à l’entraide visuel ci-dessus, l’équipe de Barbara, crédit @mrjean.eu, un «Grand Rêveur»).


Du reste, Martin et son charisme de dingue, Martin capable de récupérer des denrées dans une brouette pour les redistribuer au nom de l’anti-gaspi ou du dénuement, Martin, un temps éducateur, a un mantra: «OK, vas-y viens !».


Les «Grands Rêveurs», «c’est relier les choses, des projets et des gens». Et pour faire vivre la communauté, devenir «Grand Rêveur», «il suffit déjà d’assister à un événement». C’est aussi simple que magnifique. Avec le sourire, toujours et ce n’est pas Adrien Lenert, autre "Grand Rêveur", qui me contredira qui, avec Mesa, la maison de la transition, et en collaboration (e.a.) avec Vélorution Esch, lance de The last Parade before the fucking End of the World ce dimanche 06/09, départ à 14.00h, au Mesa Verde à Luxembourg (ça se répète chaque dimanche du mois de septembre... et ça ne se rate pas!)

 
 
 

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