• Marie-Anne Lorgé

DKollage … et Loop

Mis à jour : avr. 21

Je plante le décor. Site de l’ancienne usine sidérurgique de Dudelange. Décollage de… DKollage, processus collectif de réappropriation et de rénovation du bâtiment des vestiaires et du hall wagonnage, afin, autour de ces lieux, de planter les bases d’un espace d’utopie(s) possible(s), soit: un espace de vie et de création original, ancré dans le nouveau quartier urbain en devenir, baptisé Neischmelz.


Aux commandes, DKollektiv, du nom de ce collectif d’artistes (né en 2016) engagé dans l’élaboration de conviviaux écosystèmes, ces projets culturels qui impliquent la participation de chacun afin, dans le respect et la sauvegarde du patrimoine, de reconquérir des espaces délaissés, en l’occurrence... les friches industrielles dudelangeoises (voir photo: c)Romain Girtgen).


Ce challenge intègre le programme des tiers-lieux culturels initié par l’Oeuvre Nationale de Secours Grande-Duchesse Charlotte et l’asbl Esch 2022 – capitale européenne de la culture. Objectif: devenir un des centres de gravité pour et au-delà 2022…



Et 2022, ça commence maintenant. Avec une «Phase 1» de projets participatifs, qui s’étend jusqu’au 15 mai.


Dans cette «Phase 1», il y a 6 projets pour lesquels vous êtes invités à vous inscrire sur www.dkollektiv.org/dkollage. Le premier a eu lieu le 20 mars, fédérant «du monde, pas trop, mais assez pour créer une bonne dynamique sur tout le site», dit Serge Ecker.


Et donc, pour susciter votre solidaire curiosité, sachez qu’il y en a pour tous les savoir-faire, jardiniers et bricoleurs.


Il y a l’«Atelier récup’» – il s’agit de restaurer d’anciens matériaux et objets industriels récupérés, donc de donner une seconde vie aux lavabos, carrelage, luminaires, portes, fenêtres… –, l’«Atelier de rénovation» – qui concerne spécifiquement le démontage/ décapage de la salle d’eau des anciens vestiaires (tout en conservant les porte-savons classés, voire peut-être certains graffitis) –, puis l’«Atelier textile» – histoire de transformer d’anciens bleus de travail en rideaux.


Il y a aussi le chantier qui consiste à aménager un îlot végétal, dans la cour (inaugurée le 15 mai) jouxtant le hall wagonnage, et celui, intitulé «D’Platt form», qui vise à réhabiliter d’anciens rails afin de retrouver et d’emprunter le chemin de fer sur quelques mètres. Enfin, il y a la construction d’une serre, prévue dans une roulotte totalement vidée, où les plantations s’opèrent de concert avec le jardin communautaire (avec bourse aux plantes organisée le 15 mai).


Alors, à vos agendas: Prochain rendez-vous participatif ce samedi 3 avril, puis les samedis 17 avril, 8 mai et 15 mai, chaque fois de 09.30 à 17.00h.


En préparation se mijote un livre «culinaire» «comprenant des anecdotes, photos et documents liés au casse-croûte, aux plats cuisinés par les ouvriers sur leur lieu de travail, dont la Mettwurst cuite sur des radiateurs électriques…». Ce livre sera présenté le 1er mai, lors de l’inauguration du FerroForum à Schifflange.


Mais tout n’est pas dit de DKollektiv, dont les expérimentations croisent aussi le chemin de «loop»: quésaco ?


Le chemin, c’est celui «qu’empruntait le minerai du haut des collines», c’est le territoire (nature incluse) de Sanem- Soleuvre «ponctué d’histoires passées et contemporaines» que le public est invité à découvrir (du moins, à partir de juin 2022) à travers 18 propositions artistiques, lesquelles balisent un parcours en boucle, d’où le titre du projet loop – down the hills, across the land.


Steve Gerges, Daniel Wagener & Patrick Galbats, Claudia Passeri, Maskénada, Wennig & Daubach s’y collent, ainsi que Trixi Weis et DKollektiv qui interviennent précisément sur le chemin de la pierre «De Wee vum Steen», «le sentier historique le long du concasseur».


Pour DKollektiv, deux projets en gestation: Konkasser – ou la construction d’un concasseur «propulsé à la force humaine» – et Jurassic Boat, une installation (conçue par Nicolas Graf) autour de la genèse des roches sédimentaires.


Quant à Trixi, qui devait initialement faire tandem avec le regretté Steve Kaspar, elle co-réalise une installation sonore avec Emre Sevindik: leur Composition pour concasseur devrait prendre la forme d’une douche sonore (ultra sons) «fonctionnant pour un spectateur à la fois et se mettant en marche grâce à un détecteur de mouvement».


Ça s’active, ça cogite, toutefois, pour l’heure, circulez, rien encore à voir ni à entendre, mais, y a pas de doute, ça promet.

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